Résidence
à Firminy
Création autour de l'oeuvre de Le Corbusier
Dans le cadre de la saison
culturelle 2007/2008, Kilina
Crémona a été invitée
à travailler
sur le patrimoine Le Corbusier, en associant les habitants.
Trois projets prennent place à Firminy :
- un travail avec des anciens de l’école
maternelle de l’Unité d’Habitation Le Corbusier
- un projet avec des enfants des écoles pour une
chorégraphie dans le stade municipal, La Ola Le Corbusier
- et enfin, une création, Khataros, à l’église
Saint-Pierre Le Corbusier.
La Ola Le Corbusier
L’action
autour de l’école
maternelle du « Corbu »
a commencé à la rentrée 2007. Les
ateliers du
week-end conduits par Kilina Crémona ont fait appel
à la mémoire d’anciens
élèves, parents d’élèves…
et des
enfants. L’immersion de ces derniers dans
l’espace si particulier de la maternelle fait rejaillir une mémoire
intellectuelle mais aussi corporelle. Ce
matériau est transformé en gestes,
en signe ou en danse,
capturés par la vidéo qui devient
elle-même support de mémoire.
« L’architecture
de la
maternelle Le Corbusier m’a
révélé l’humanisme
et l’originalité de cette architecture
qui est un fait d’art, un
phénomène d’émotion,
au-delà des questions techniques de construction. La
construction c’est ce qui fait
« tenir »,
l’architecture c’est ce qui émeut.
L’agencement des formes réalise un ordre qui est pure
création de l’esprit
de l’architecte. Pour les formes, par le mouvement, par les
rapports qu’il crée, Le Corbusier affecte
intensivement
nos sens, provoquant des émotions. Il éveille en
nous
donnant des résonances profondes, il
nous donne la mesure d’un ordre qu’on sent en
accord avec celui du monde. Il détermine des mouvements
divers de notre esprit, de notre corps et de notre cœur.
C’est alors que nous sommes sous le
charme… »
Kilina Crémona
Katharos Eglise St Pierre Le
Corbusier, le 24 avril 2009, à 20h30 Pièce
chorégraphique pour
4 danseurs et un
chœur, avec la complicité des habitants de la
ville de
Firminy.
Chorégraphie : Kilina Crémona Direction musicale et vocale : Pierre-Marie Chemla
Kilina
Crémona investit l'église
avec une chorégraphie inspirée par le lieu
mystique et ses rituels.
L’église St Pierre : nul autre bâtiment de Le Corbusier peut-être n'oppose aussi brutalement l'extérieur et l'intérieur.
De l’extérieur, c’est une masse opaque et immobile.
A l’intérieur, elle aspire vers le haut. Tout appelle
à l’élévation : élévation
du corps selon la rampe d’accès et les gradins,élévation des yeux le long des parcours de
lumières, élévation de l’imagination dans la
voûte céleste, élévation de l’esprit.
Le Corbusier a parlé de machines à
habiter. Pascal avait reconnu que le sentiment religieux pouvait
naître de la mécanique du corps. L’église
Saint-Pierre semble à la croisée de ces deux
idées : un dispositif qui fait lever la part spirituelle de
l’homme dans l’enveloppe du corps.
La dualité anime la conception corbuséenne de l’homme :
Jour / nuit -
Esprit / corps -
Horizontal / Vertical
…ces duos se synthétisent en une unité de rythme cosmique propre à l’être humain.
L’opposition matière / esprit ouvre la voie à une danse corporelle et spirituelle, à un
système musical basé sur la voix et l’écho.
Danse, voix / corps, écho instaurant un va et vient constant entre extérieur et intérieur.
Le corps dansant - corps en tension - devient un alambic
qui distille des gestes minimalistes entre terre et ciel
accompagnés par les chants. Danse et musique déploient
des lignes traversant les zones d’ombres à la rencontre de
la constellation d’Orion.
La danse est une manière de façonner une
pensée, de lui donner un temps, pour enfin arriver
à ce qui reste, au plus ténu, à ce qui laisse des
traces…
Kilina Crémona
Reportage de Chantale Joassard dans Côté Scène, sur TL7